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T1.3MatièreModule 3 sur 4

Contexte et mémoire : pourquoi l'IA oublie

Fenêtre de contexte et mémoire de session : ce que l'IA retient vraiment d'une conversation à l'autre, et ce qu'elle ne retient jamais par défaut.

Statut du contenu : matière pédagogique sourcée, en cours de vérification finale — la leçon rédigée, enrichie des extraits du podcast Tech Café, arrive ensuite.

L'essentiel

  1. La fenêtre de contexte est la quantité maximale de texte, mesurée en tokens, qu'un modèle peut prendre en compte simultanément pour générer une réponse : elle regroupe tout ce qui entre dans la requête (instructions système, messages précédents, documents joints) et la réponse en cours de génération elle-même. Fait de mécanisme stable. Source : Anthropic.
  2. Selon la documentation Anthropic, la fenêtre de contexte est une « mémoire de travail », distincte du corpus sur lequel le modèle a été entraîné : elle ne contient pas « tout ce que le modèle sait », seulement ce qui a été explicitement fourni dans la conversation en cours.
  3. Une nouvelle conversation démarre par défaut sans accès aux échanges d'une session antérieure — un modèle ne « se souvient » pas nativement d'un utilisateur d'une fois sur l'autre ; toute mémoire persistante entre deux sessions est une fonctionnalité ajoutée par le produit qui héberge le modèle, pas une propriété du modèle lui-même.
  4. [Vérifié 20/07/2026] Anthropic documente un phénomène qu'elle nomme « context rot » : au-delà d'un certain volume de texte dans la fenêtre, l'exactitude et le rappel du modèle tendent à se dégrader, même si l'information reste techniquement présente dans le contexte — une fenêtre plus grande n'égale donc pas une fiabilité plus grande. Source : platform.claude.com/docs.
  5. [Vérifié 20/07/2026] Au 20/07/2026, selon la documentation officielle d'Anthropic, les modèles Claude Opus 4.6, Opus 4.7, Opus 4.8, Sonnet 4.6 et Sonnet 5 disposent d'une fenêtre de contexte allant jusqu'à 1 million de tokens sur l'API Claude ; d'autres modèles de la gamme, dont Claude Sonnet 4.5, restent à 200 000 tokens. Ce chiffre évolue au rythme des sorties de modèles (famille périssable (a), README §2.2) : à revérifier avant toute réutilisation au-delà de quelques mois. Source : platform.claude.com/docs/en/build-with-claude/context-windows.
  6. [Vérifié 20/07/2026] Selon la documentation développeurs d'OpenAI consultée le 20/07/2026, la famille de modèles GPT-5.6 (déclinaisons Sol, Terra, Luna) annonce une fenêtre de contexte d'environ 1,05 million de tokens. Source : developers.openai.com/api/docs/models.
  7. à vérifier La documentation officielle de Google (ai.google.dev, consultée le 20/07/2026) indique que « de nombreux modèles Gemini disposent de fenêtres de contexte d'un million de tokens ou plus », sans détailler de chiffre précis par modèle sur les pages consultées ; des chiffres plus précis (par exemple 2 millions de tokens pour un modèle « Pro ») circulent sur des sites tiers non primaires et n'ont pas pu être confirmés directement sur une page officielle Google lors de cette recherche — dette de vérification assumée plutôt qu'un chiffre inventé.
  8. Une fenêtre de contexte large ne règle pas tout : au-delà de la dégradation de rappel (point 4), transmettre davantage de texte coûte plus cher en calcul et en facturation à l'usage — ce qui explique pourquoi certains produits limitent volontairement l'historique conservé plutôt que d'exploiter le maximum technique disponible.
  9. Pour prolonger un échange au-delà de la fenêtre technique, certains produits recourent à une « compaction » : le système résume automatiquement les échanges les plus anciens plutôt que de les faire disparaître d'un bloc — une mémoire reconstituée et approximative, pas une mémoire native du modèle. Source : Anthropic, documentation compaction.
  10. Tout ce qui entre dans une requête compte dans la fenêtre de contexte, pas seulement le texte : selon la documentation Anthropic, une seule requête peut inclure jusqu'à 600 images ou pages de PDF pour les modèles à fenêtre 1M tokens (100 pour les modèles à 200k tokens) — au-delà, ce sont les limites de taille de requête, distinctes du compteur de tokens, qui peuvent être atteintes en premier. [Vérifié 20/07/2026] Source : platform.claude.com/docs.
  11. Certains produits ajoutent, au-dessus du modèle, un mécanisme explicite de mémoire persistante entre sessions (par exemple un « outil mémoire » qui enregistre des notes consultables d'une conversation à l'autre) — une fonctionnalité applicative construite intentionnellement, qui contredit en apparence le point 3 mais le confirme en réalité : sans cet ajout explicite, le modèle ne conserve rien par lui-même.
  12. Face à la dégradation par volume (point 4), Anthropic documente une pratique qu'elle nomme « context engineering » : sélectionner et organiser délibérément ce qui entre dans la fenêtre plutôt que d'y déverser un maximum de texte — remplir la fenêtre disponible n'est pas, en soi, un objectif à rechercher. Source : Anthropic, « Effective context engineering for AI agents ».
Plus grand ≠ plus fiable
peu de textebeaucoup de textefiablemoins fiable

Au-delà d'un certain volume de texte dans la fenêtre, la justesse et le rappel du modèle se dégradent — même si l'information y reste présente.

Repères clés

DonnéeValeurDateSource
Fenêtre de contexte — Claude Opus 4.6/4.7/4.8, Sonnet 4.6/5jusqu'à 1 000 000 tokensau 20/07/2026platform.claude.com/docs
Fenêtre de contexte — Claude Sonnet 4.5 et modèles antérieurs200 000 tokensau 20/07/2026platform.claude.com/docs
Sortie maximale par requête — Claude Fable 5 / Mythos 5jusqu'à 128 000 tokensau 20/07/2026platform.claude.com/docs
Fenêtre de contexte — GPT-5.6 (Sol/Terra/Luna)≈ 1,05 million de tokensau 20/07/2026developers.openai.com
Fenêtre de contexte — modèles Gemini« 1 million de tokens ou plus » (chiffre précis par modèle à vérifier)au 20/07/2026ai.google.dev

Idées reçues

  1. « L'IA se souvient de moi d'une conversation à l'autre » — faux par défaut (point 3) : sans fonctionnalité de mémoire explicitement ajoutée par le produit, chaque nouvelle conversation démarre sans accès aux échanges précédents.
  2. « Une fenêtre de contexte plus grande veut dire une IA plus intelligente » — non : une fenêtre large signifie seulement que le modèle peut recevoir davantage de texte d'un coup ; la fiabilité de ce qu'il en restitue décline au-delà d'un certain volume (context rot, point 4).
  3. « Le modèle consulte tout ce qu'il a appris pendant l'entraînement, comme une bibliothèque » — non : le savoir appris est comprimé dans les paramètres (cf. T1.2), la fenêtre de contexte ne contient que ce qui a été explicitement transmis dans la conversation en cours — deux mémoires de nature complètement différente.
  4. « Si un produit propose une "mémoire", c'est que le modèle a changé » — non : c'est le produit qui ajoute une brique applicative (stockage de notes, réinjection au début de la conversation suivante, point 11) ; le modèle sous-jacent continue de fonctionner sans rien conserver par lui-même.

Questions fréquentes de débutants

Réponds mentalement avant d'ouvrir : c'est l'effort de rappel qui ancre, pas la relecture.

Pourquoi l'IA semble-t-elle « oublier » un détail donné 200 messages plus tôt ?

Soit la conversation dépasse la fenêtre de contexte du modèle (les échanges les plus anciens sortent ou sont résumés), soit le rappel se dégrade avant même d'atteindre la limite technique (context rot, point 4).

Comment faire pour qu'une IA se souvienne d'une information d'une session à l'autre ?

Soit la rappeler explicitement en début de nouvelle conversation, soit s'appuyer sur une fonctionnalité de mémoire persistante si le produit en propose une — un mécanisme ajouté par l'application, pas une propriété universelle des modèles (point 3).

Un document de 500 pages peut-il tenir dans le contexte ?

C'est une question de tokens, pas de pages : selon le modèle et sa fenêtre (200 000 à plus d'1 million de tokens au 20/07/2026), c'est souvent techniquement possible, mais la fiabilité de la restitution décline avec le volume transmis (points 4 et 8).

Les images et les documents envoyés comptent-ils dans la fenêtre de contexte comme du texte ?

Oui : selon la documentation Anthropic, images et pages de documents joints consomment des tokens au même titre que le texte, avec une limite de nombre de fichiers par requête distincte de la limite en tokens (point 10).

Pièges & points de vigilance

  1. Ne pas confondre fenêtre de contexte (mémoire de travail temporaire, propre à une conversation, facturée à l'usage) et paramètres du modèle (mémoire apprise, figée à l'entraînement, cf. T1.2) — la confusion la plus fréquente du grand public sur ce thème.
  2. Les chiffres de fenêtre de contexte évoluent vite (mensuel à trimestriel selon la famille périssable (a), README §2.2) : tout chiffre de ce module doit être revérifié avant réutilisation au-delà de quelques mois.
  3. Le chiffre « maximum » annoncé par un éditeur n'est pas toujours celui disponible par défaut ni sur tous les canaux (API vs interface grand public vs offre entreprise) — vérifier le canal exact avant de comparer deux produits entre eux.
  4. Une fonctionnalité de « mémoire » ajoutée par un produit (point 11) reste un résumé ou une note reconstituée, pas un accès direct aux paramètres du modèle ni une garantie d'exhaustivité — elle hérite des mêmes limites de fiabilité que tout texte réinjecté dans le contexte (context rot, point 4).
Deux mémoires, pas une
fenêtre de contextemémoire de travail(propre à la conversation)paramètres du modèlemémoire apprise(fixée à l'entraînement)

La fenêtre de contexte et les paramètres appris du modèle sont deux mémoires distinctes : l'une tient sur une conversation, l'autre est fixée à l'entraînement.

Sources